5 novembre 2026 - 13:25
Éducation des adolescents : cinq principes tirés des traditions éducatives de l’Imam Ali et de Fatima al-Zahra

À l’occasion de la Journée de l’adolescent, une analyse de Mohammad-Baqer Meshkati présente cinq principes inspirés de la conduite éducative de l’Imam Ali (AS) et de Fatima al-Zahra (SA) pour accompagner les adolescents face aux défis de l’environnement médiatique, préserver leur identité et renforcer leur sens des responsabilités.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : L’éducation des adolescents constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs auxquels sont confrontées les familles. Comment accompagner cette génération dans un environnement marqué par les bouleversements médiatiques et les crises identitaires, tout en lui permettant de développer une personnalité fondée sur les valeurs islamiques ? Dans une analyse consacrée à cette question, Mohammad-Baqer Meshkati propose cinq principes éducatifs inspirés de la tradition de l’Imam Ali (AS) et de Fatima al-Zahra (SA).

L’auteur considère la famille comme la cellule fondamentale de la civilisation islamique et l’adolescent comme l’une de ses forces motrices. Selon lui, la transmission d’une identité authentique exige de dépasser les méthodes autoritaires comme le laisser-faire, et de privilégier une éducation fondée sur le respect, la confiance, la réflexion et la responsabilité.

1. Considérer l’adolescent comme un partenaire et un conseiller

Le premier principe consiste à dépasser la conception de l’adolescent comme un enfant qui doit simplement obéir. Un hadith attribué au Prophète Mohammad (PSLF) distingue trois périodes de sept ans dans l’éducation de l’enfant : la première, durant laquelle il est traité avec affection et bienveillance ; la deuxième, consacrée à l’apprentissage et à la discipline ; et la troisième, durant laquelle il devient un « ministre » ou un conseiller, appelé à participer aux décisions et à être considéré comme une personne à part entière.

Cette approche trouve un exemple dans la vie familiale de Fatima al-Zahra (SA). Ses fils, l’Imam Hassan (AS) et l’Imam Hussein (AS), n’étaient pas considérés comme de simples enfants placés sous surveillance, mais comme des membres actifs de la famille. Selon le récit rapporté dans l’article, Fatima al-Zahra encourageait l’Imam Hassan à assister aux enseignements du Prophète Mohammad (PSLF), puis à revenir lui transmettre ce qu’il avait entendu.

L’auteur rapproche également cette approche de la lettre 31 du Nahj al-Balagha, dans laquelle l’Imam Ali (AS) s’adresse à son fils avec affection et considération : « Je t’ai trouvé partie de moi-même ; bien plus, je t’ai trouvé tout entier moi-même. » Cette relation fondée sur l’affection et le respect constitue, selon l’analyse, une base essentielle pour instaurer la confiance et faciliter l’éducation.

2. Respecter l’intimité et savoir fermer les yeux sur certaines erreurs

Le deuxième principe repose sur le respect de l’autonomie progressive de l’adolescent et le refus de la surveillance excessive. L’Imam Ali (AS) recommande notamment : « Élevez votre dignité par la bienveillance qui consiste à fermer les yeux sur certaines choses. »

Dans cette perspective, le taghâfol, ou le fait de faire preuve d’une indulgence consciente face à certaines erreurs, ne signifie ni indifférence ni abandon de l’éducation. Il s’agit de distinguer les fautes mineures des comportements qui nécessitent une intervention, afin de préserver la dignité de l’adolescent et de lui permettre de prendre conscience de ses propres responsabilités.

L’auteur estime que les parents doivent respecter l’intimité de leurs enfants et privilégier une surveillance fondée sur la confiance plutôt que sur la suspicion et les investigations permanentes. Il cite également cette parole attribuée à l’Imam Ali (AS) : « Celui qui ne sait pas fermer les yeux sur de nombreuses choses verra sa vie devenir amère. »

3. Préparer l’esprit et développer la pensée critique

Le troisième principe concerne la prévention des doutes et la formation du discernement. Dans la lettre 31 du Nahj al-Balagha, l’Imam Ali (AS) compare le cœur de l’adolescent à une terre vierge qui accueille toute semence qu’on y dépose. Il explique avoir commencé l’éducation de son fils avant que son cœur ne s’endurcisse et que son esprit ne soit accaparé par d’autres préoccupations.

Pour Mohammad-Baqer Meshkati, cette comparaison prend une importance particulière à l’ère numérique. L’esprit des adolescents est aujourd’hui exposé à une multitude de contenus, d’idées et de modes de vie. Les familles doivent donc leur transmettre des connaissances et des repères solides avant que les influences extérieures ne façonnent leurs représentations.

L’auteur souligne toutefois que cette préparation ne peut se limiter aux interdictions et aux injonctions. Elle doit également développer la pensée critique et la capacité à examiner les opinions et les idées. Il cite à cet égard une autre partie de la lettre 31, dans laquelle l’Imam Ali (AS) explique avoir voulu préparer son fils afin qu’il ne soit pas troublé par les passions et les opinions qui induisent les autres en erreur.

La conduite de Fatima al-Zahra (SA) est également présentée comme un exemple de transmission précoce des valeurs. À travers des poèmes adressés à son fils Hassan, elle l’encourageait à suivre l’exemple de son père, à défendre la vérité et à adorer Dieu. L’auteur voit dans ces paroles une forme d’éducation morale et intellectuelle destinée à préparer les enfants aux épreuves de leur époque.

4. Valoriser la dignité et éduquer par l’exemple

Le quatrième principe consiste à faire de la conduite des parents le principal support de l’éducation. Dans la famille de Fatima al-Zahra (SA), les valeurs ne se transmettaient pas uniquement par les discours, mais aussi par les comportements quotidiens.

L’auteur évoque notamment la pratique de Fatima al-Zahra, qui, dans ses prières, accordait une place particulière aux voisins, selon le principe « le voisin d’abord, puis la maison ». Il rapporte également le récit dans lequel l’Imam Hassan (AS) et l’Imam Hussein (AS), encore jeunes, auraient voulu corriger les ablutions d’un vieil homme sans le blesser ni l’humilier. Ils lui auraient proposé de comparer leurs propres ablutions afin qu’il puisse déterminer laquelle était correcte.

Un autre récit concerne un concours de calligraphie entre les deux frères. Selon l’article, Fatima al-Zahra aurait confié le jugement à son collier afin de ne décevoir aucun de ses fils et de préserver leur estime personnelle.

L’Imam Ali (AS) accordait lui aussi une grande importance à la dignité de son fils. Dans la lettre 31 du Nahj al-Balagha, il lui transmet les enseignements qu’il a tirés de l’observation de l’histoire et des expériences des générations précédentes. Pour l’auteur, cette manière de s’adresser à l’adolescent avec respect contribue à renforcer sa confiance en lui et sa capacité à affronter les difficultés.

5. Confier des responsabilités et renforcer la résilience

Le cinquième principe associe l’affection familiale à l’apprentissage de l’effort et de la responsabilité. L’auteur rappelle l’épisode coranique de la famille de l’Imam Ali (AS) et de Fatima al-Zahra (SA), qui, pendant trois jours consécutifs, ont offert leur repas de rupture du jeûne à un pauvre, un orphelin et un prisonnier.

Cet épisode illustre, selon lui, une éducation qui ne transforme pas l’affection parentale en surprotection. Les enfants apprennent au contraire à participer aux actes de solidarité et à faire face aux difficultés avec détermination.

L’article recommande ainsi de confier aux adolescents des responsabilités concrètes dans la vie familiale, de les associer à l’aide aux personnes démunies et de les faire participer à la résolution des problèmes de leur environnement. Ces expériences peuvent renforcer leur autonomie, leur engagement social et leur capacité à surmonter les épreuves.

L’éducation des adolescents, un enjeu pour l’avenir de la civilisation islamique

En conclusion, Mohammad-Baqer Meshkati considère l’éducation des adolescents selon les modèles de l’Imam Ali (AS) et de Fatima al-Zahra (SA) comme un enjeu qui dépasse le cadre familial et s’inscrit dans une perspective sociale et civilisationnelle.

Il estime que les valeurs de discernement, de pudeur, de responsabilité et de résistance doivent être transmises dès l’adolescence, au sein de la famille. Selon lui, c’est dans cet environnement que se forme une génération capable de préserver son identité, de distinguer le vrai du faux et de prendre part à la construction de l’avenir.

L’auteur présente ainsi la famille comme le premier lieu de formation d’une génération attachée aux valeurs islamiques, capable de faire face aux influences extérieures sans renoncer à ses convictions.

Fin/229

Tags

Votre commentaire

You are replying to: .
captcha